L’intérêt des entretiens réalisés en re-situ subjectif est de pouvoir saisir et enregistrer des séquences d’activité où le visiteur construit, renforce ou invalide des connaissances.

Il est à noter que ce n’est pas l’enregistrement de l’activité qui montre ou prouve quelque chose, mais la verbalisation de cette activité par celui ou celle qui l’a vécue, des verbalisations qui précisent le sens qu’il faut donner à la trace de l’activité.

Nous pouvons accéder ainsi à la constitution de ses connaissances-en-acte et mettre en évidence des fragments de temps où se bricole et s’élabore une étonnante diversité de rapports aux objets, aux œuvres et aux savoirs. La question de la médiation des savoirs est posée ici sous un angle nouveau qui met en exergue la façon précise avec laquelle le visiteur construit du sens dans l’espace muséal sans recourir au modèle émetteur-information-récepteur.

Enfin cette approche fait apparaître le musée, non pas comme un lieu de transmission de la parole savante, mais comme un lieu de construction de sens sur fond de parole savante. La mise en évidence de la créativité des visiteurs est bien plus passionnante que l’expérience muséale appréhendée comme une « réception de message ».