Une caméra subjective permet d’enregistrer l’activité telle que la perçoit un sujet. Le dispositif d’enregistrement suit les mouvements de la tête et s’il est équipé d’un micro, on peut alors également enregistrer les échanges interpersonnels ou les commentaires faits à voix haute. La miniaturisation des caméras permet de ne pas introduire de biais significatifs.

En situation naturelle, nous pouvons réaliser des mouvements oculaires verticaux de grande amplitude sans bouger la tête. Lors de mouvements oculaires vers le haut ou le bas, il arrive que l’enregistrement de la perspective subjective ne contienne pas les objets précisément regardés : ces objets sont hors du champ de la caméra. Cela est moins vrai pour les mouvements oculaires gauche-droite le plus souvent accompagnés d’un mouvement de la tête.

Le champ visuel binoculaire est l’espace délimité par la perception spatiale de l’œil lorsque le sujet ne bouge pas la tête. L’angle radian de ce champ visuel est propre à chaque individu et fonction de son activité. Ici le champ de la caméra est fixe et par suite, ce champ ne se superpose pas nécessairement avec le champ embrassé par le regard du visiteur ou le champ vécu par le visiteur en fonction de son activité. Le champ de la caméra peut être plus réduit que le champ visuel lorsque le sujet est en « attention flottante » et qu’il perçoit de façon diffuse près de 180°. Inversement, le champ de la caméra peut être plus large que celui du sujet lorsque ce dernier se concentre sur un objet en particulier comme la lecture d’un cartel ou le détail d’un dispositif. Une caméra équipée d’un objectif couvrant un champ d’environ 50° semble convenir à la plupart des situations vécues dans le cadre d’un musée.

Il existe une erreur de parallaxe liée à la position déportée de la caméra près de la tempe du visiteur. Ce décalage est faible, il est de l’ordre de 5 à 12 cm selon que la caméra est placée du côté de l’œil directeur du sujet ou au contraire placée à l’opposé de son œil directeur. il suffit de compenser cette parallaxe en faisant converger l’axe optique de la caméra avec l’axe du regard du visiteur à une distance comprise entre un et deux mètres.

 

Dans l’exemple ci-dessus, Bix est équipé avec une mini-caméra placé près de sa tempe. L’enregistrement nous permet de conserver une trace précise de son activité. En revanche la trace de l’activité non explicitée ou non verbalisée ne permet pas de comprendre avec certitude le sens de l’activité de Bix.